Rester ou partir : la question qui hante tous les salariés un jour

photo rester ou partir
Table des matières

Dimanche soir. La boule au ventre est de retour, avec cette question que l’on n’ose pas toujours formuler : et si je partais ? Votre intelligence émotionnelle vous envoie un signal.

Bonne nouvelle : se poser cette question ne signifie pas que vous êtes coincé. Cela montre que vous avez des besoins, des valeurs, et le pouvoir d’agir. Car entre « rester » et « partir», il existe bien plus d’options que vous ne l’imaginez : ajuster votre poste, négocier, évoluer en interne, ou partir de façon préparée.

Dans cet article, je vous propose des clés issues de la psychologie du travail et du coaching de carrière pour passer de la boule au ventre à une décision claire, alignée avec vos valeurs et votre projet de vie.

Cette boule au ventre n’est pas un verdict, c’est une information

Le doute sur son avenir professionnel ne surgit pas par hasard. Il est le symptôme de tensions sous-jacentes qui touchent à notre rapport au travail. Plusieurs facteurs s’additionnent :

  • La perte de sens (brown-out). Lorsque les tâches quotidiennes n’offrent plus d’utilité, de stimulation intellectuelle ou de cohérence éthique, une profonde dissonance cognitive s’installe.
  • Le déséquilibre entre efforts et récompenses. Investir beaucoup d’énergie sans obtenir la reconnaissance, la rémunération ou la sécurité attendues crée un sentiment d’injustice épuisant.
  • La frustration des besoins fondamentaux. La théorie de l’autodétermination (Deci et Ryan) montre que nous avons tous besoin d’autonomie, de sentiment de compétence et d’appartenance sociale. Quand ces besoins sont étouffés, la motivation s’effondre.
  • Les biais cognitifs et la peur de l’inconnu. Notre esprit tend à privilégier le statu quo. Le biais des coûts irrécupérables (sunk cost fallacy) nous pousse en plus à rester dans un poste inadapté simplement parce que nous y avons investi des années.

Rester ou partir : vous avez plus de choix que vous ne le pensez

Face à l’insatisfaction, on réagit généralement de quatre façons : prendre la parole (Voice), attendre avec loyauté (Loyalty), se désengager (Neglect) ou partir (Exit). Pour y voir plus clair, voici deux familles de signaux.

Signaux qui plaident pour ajuster Signaux qui invitent à préparer son départ
Inconfort ou fatigue temporaires (pic de charge, projet ponctuel) Atteinte à la santé physique ou mentale (troubles du sommeil, anxiété chronique, épuisement)
Dialogue possible avec la hiérarchie Hiérarchie sourde à vos demandes ou climat toxique
Besoins partiellement satisfaits, compétences encore stimulées Frustration structurelle (sous-utilisation des compétences, absence d’autonomie)
Vraie ouverture au changement, possibilité de faire évoluer vos missions Déséquilibre effort/récompense qui dure malgré vos relances

À noter : si vous ressentez des symptômes de souffrance physique ou psychique, parlez-en rapidement à votre médecin. Aucune décision de carrière ne prime sur votre santé.

Les signaux extérieurs ne disent pas tout. Voici comment écouter ce qui se passe à l’intérieur:

Vous avez plus d’option que vous ne le pensez

Rester ou partir n’est pas un interrupteur. Entre les deux, vous pouvez: 

  • Réenchanter votre poste actuel (job crafting) ;
  • Négocier un aménagement (missions, horaires, périmètre) ;
  • Évoluer en interne (mobilité, nouveau projet) ;
  • Partir, mais de façon préparée et choisie.

4 réflexes qui vous font perdre votre pouvoir de choisir.

Dans les périodes de doute, l’arbitrage est souvent faussé par des mécanismes d’évitement ou de sur-réaction :

  • Décider à chaud. Démissionner sous le coup de l’impulsion, après une contrariété passagère, sans plan ni analyse de fond.
  • Fuir au lieu de choisir. Quitter une entreprise uniquement pour échapper à une contrainte, sans avoir défini la direction souhaitée.
  • Rester par peur ou par confort. S’enfermer dans un désengagement passif par crainte du marché de l’emploi ou par habitude, au risque d’abîmer son estime de soi.
  • Se comparer aux autres. Juger sa trajectoire à l’aune des réussites apparentes d’autrui, au lieu de se recentrer sur ses propres besoins.

Votre intelligence émotionnelle, la ressource que vous avez déjà

Votre boule au ventre n’est pas un défaut de fabrication : c’est un signal. Décider sereinement demande de savoir l’écouter, c’est ce que j’appelle le self-listening. L’intelligence émotionnelle vous aide à nommer précisément ce que vous ressentez (peur, colère, lassitude, honte ?), à distinguer une fatigue passagère d’un désalignement profond, et à apprivoiser la peur de la transition pour qu’elle ne paralyse pas votre réflexion. Elle vous donne surtout la certitude que vous avez les ressources pour recadrer votre situation actuelle, et passer du « je subis » au « je choisis ».

5 étapes pour reprendre la main

  1. Dresser un diagnostic objectif. Interrogez-vous sur trois points : l’adéquation avec la culture de l’entreprise, la qualité de vos tâches quotidiennes et la contribution de ce poste à votre projet de vie.
  2. Faire le bilan de vos valeurs et de vos compétences. Quelles compétences aimez-vous mobiliser ? Quelles valeurs sont non négociables pour vous au quotidien ?
  3. Tester des alternatives internes grâce au job crafting. Avant de rompre votre contrat, essayez d’ajuster votre rôle. Selon Wrzesniewski et Dutton, trois leviers existent :
    • le périmètre des tâches (task crafting) : proposer de nouveaux projets ou réorganiser vos missions.
    • les relations de travail (relational crafting) : faire évoluer vos échanges avec l’équipe ou la hiérarchie.
    • la perception de votre rôle (cognitive crafting) : redonner du sens à votre travail en le reliant à un objectif qui vous motive.
  4. Mesurer la réceptivité de votre organisation. Ouvrez un dialogue constructif avec votre hiérarchie. Si elle se montre ouverte, vous pourrez co-construire l’évolution de votre poste. Si elle reste fermée ou inerte, vous aurez la confirmation qu’un départ est la solution la plus cohérente.
  5. Planifier votre sortie ou votre négociation avec rigueur. Si le départ s’impose, préparez-le : étude du marché, inventaire de vos compétences transférables, repérage des opportunités, et vérification des aspects pratiques et financiers (délai de congé, situation vis-à-vis de l’assurance-chômage, etc.).

Et si vous en parliez avec un coach ?

Faire le tri dans ses aspirations et dépasser ses blocages n’est pas simple quand on est seul face à la question. Basé à Lancy (Genève), le centre LeoDynamics®, dirigé par Leonilda Renaldo, coach certifiée spécialisée en prise de parole, leadership, communication interculturelle, intelligence émotionnelle et anglais professionnel, vous accompagne à chaque étape de votre réflexion.

Grâce à notre approche du coaching de carrière et du développement du leadership, nous vous aidons à :

  • identifier vos moteurs de motivation et vos zones de sur-adaptation ;
  • adopter les comportements aidants pour aborder la transition avec clarté et confiance. 
  • développer votre posture et votre communication pour négocier un aménagement de poste ou réussir vos futurs entretiens.

Reprendre le pouvoir de choisir

Il n’existe pas de « bonne » ou de « mauvaise » décision universelle entre rester et partir. La bonne décision est celle qui protège votre santé, restaure votre autonomie et nourrit votre épanouissement. Mais le vrai changement commence avant la décision : quand vous passez du subi au choisi.

Vous êtes plus puissant que vous ne le pensez. Dès cette semaine, vous pouvez :

  1. Nommer l’émotion qui domine quand vous pensez à votre poste ;
  2. Identifier une chose concrète que vous pouvez ajuster dans votre quotidien ;
  3. Planifier une conversation, avec votre hiérarchie ou avec un coach.

Que vous choisissiez de réenchanter votre poste actuel ou d’ouvrir un nouveau chapitre, vous avez le pouvoir de reprendre l’initiative.

Envie d’y voir plus clair ? Contactez LeoDynamics® pour réserver une séance découverte et faire le point sur votre avenir professionnel, avec un regard expert et bienveillant.

Source:

Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2017). Self-determination theory: Basic psychological needs in motivation, development, and wellness. Guilford Press.

Hirschman, A. O. (1970). Exit, voice, and loyalty: Responses to decline in firms, organizations, and states. Harvard University Press.

Siegrist, J. (2002). Effort-reward imbalance at work and health. In P. L. Perrewé & D. C. Ganster (Eds.), Historical and current perspectives on stress and health (Vol. 2, pp. 261-291). Emerald. https://doi.org/10.1016/S1479-3555(02)02007-3

Wrzesniewski, A., LoBuglio, N., Dutton, J. E., & Berg, J. M. (2013). Job crafting and cultivating positive meaning and identity in work. In A. B. Bakker (Ed.), Advances in positive organizational psychology (Vol. 1, pp. 281-302). Emerald. https://doi.org/10.1108/S2046-410X(2013)0000001015

Portrait de Leonilda Renaldo

Leonilda Renaldo

Coach professionnelle en anglais, leadership et intelligence émotionnelle

Leonilda Renaldo est coach professionnelle, fondatrice de LeoDynamics, spécialiste de l'anglais professionnel, de la présence exécutive, de la prise de parole et de l'intelligence émotionnelle. Basée à Genève, elle accompagne des dirigeant·es, managers et équipes internationales dans le développement de leur confiance, de leur clarté et de leur impact en contexte professionnel multilingue.

Son expertise a été mise en avant dans Marie Claire, Yahoo Finance et BSmart, et elle a partagé sa vision de l'intelligence émotionnelle en tant que conférencière TEDx.

Me contacter sur WhatsApp